Article : A Châtenay-Malabry, le quartier de la Butte-Rouge lutte pour sa survie

Par Isabelle Regnier publié dans Le Monde du 3 juin 2020

Alors que la mairie veut radicalement transformer la cité-jardin, amoureux de l’architecture du XXe siècle et écologistes se mobilisent pour la préserver.

Dans un splendide parc paysager de 70 hectares, une collection de bâtiments modernistes en béton rose abrite près de 4 000 logements, des écoles, une crèche, des équipements sportifs, des commerces, une bibliothèque, une église, des jardins potagers… Nous sommes à la Butte-Rouge, à Châtenay-Malabry, dans les Hauts-de-Seine, un quartier où vivent 10 000 habitants, le tiers le plus pauvre de la ville, qui cristallise aujourd’hui un conflit brûlant. Alors que la mairie (LR) veut radicalement le transformer pour faire du neuf et « accroître la mixité sociale », amoureux de l’architecture du XXe siècle et défenseurs de l’environnement se mobilisent pour le préserver.
Inspirée du modèle anglais des cités-jardins, imaginé par Ebenezer Howard et Raymond Unwin à la fin du XIXe siècle, la Butte-Rouge fut édifiée dans le cadre du plan d’extension de la banlieue conçu par Henri Sellier, président de l’Office public d’habitations à bon marché de la Seine (OPHBM), pour répondre à la pénurie et à l’insalubrité des logements parisiens de l’époque. Cette écocité avant l’heure alliait une certaine densité urbaine avec un rapport étroit à la nature et une vision hygiéniste de l’architecture – des principes avec lesquels la discipline, en ces temps d’épidémie et de crise climatique, cherche à renouer aujourd’hui.
Sa construction, étalée entre 1931 et 1965, témoigne à la fois d’un respect de la topographie – de la déclivité du site notamment – et d’un souci de cohérence architecturale. Aux architectes Joseph Bassompierre-Sewrin, Paul de Rutté, André Arfvidson, Paul Sirvin et son fils Pierre, qui l’ont mise en œuvre, et au paysagiste André Riousse qui les a accompagnés, les habitants doivent de vivre aujourd’hui dans des appartements traversants dotés de beaux balcons arrondis, de cages d’escalier en verre qui structurent les façades, de larges fenêtres d’angle, de vues faisant la part belle au paysage, de matériaux de qualité…

La suite à lire sur le site du Monde

Le Monde - BARBARA GUTGLAS